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Sarah Al Atassi

  FOIS

   il était ma

À travers mes projets, j’œuvre à un cinéma d’auteur libre et incarné. Dans l'émotion comme dans l'authenticité. C'est là mon intime engagement : mettre à l’honneur les parcours écorchés et les personnalités marginales, sans jamais renier les cultures plurielles. Ma came.? Rendre visibles les invisibles, qu'importe ma lame.

AUTOPORTRAIT

Aussi loin que je me souvienne, ma créativité a toujours puisé son inspiration dans le corps humain, à commencer par le mien. À peine savais-je marcher que j’explorais déjà mes possibles, étirant mon enveloppe pour tenter d'en comprendre le champ lexical. Ainsi ai-je multiplié les pratiques. Qu'elles soient sportives ou artistiques, je les voulais éclectiques par-delà les limites. ​Qu’il s’agisse de danser, dessiner ou dépasser les grades en karaté, j'aimais la physique et ses disciplines plurielles. Ainsi ai-je affûté mon goût pour le mouvement, pour le moment. De là est née une quête essentielle : celle de saisir l'instant, le réel.

 

Mais lentement, sûrement, ce manège m'a donné la gerbe. Trop d'heures de gym à rallonge. Trop de sœurs au régime. Trop de leurres, pas assez des miens. Trop de cours, pas assez de longs. Je voulais du chien, de la valeur. À bas les éclats et les liens qui entravent le cœur.​Finis les fracas arbitraires et autres fellations financières. J'ai dit non à l'amer d'une vie sans honneur. Mon travail, mon heure, ma manière. Mon talent, ma vision, ma carrière. Jamais je ne serai la catin de mes pairs. En dépit des fleurs-caresses-et-pistons pervers.

Je trouve mon épanouissement dans la nature viscérale de mes ouvrages, m'impliquant corps et âme. Fictions, documentaires ou encore clips… Qu'importe la forme, j'ai la flamme. J'ai la trique ! J’aime fabriquer avec passion et instinct sans jamais céder au passif. J’aime la dimension primaire de l’être, l'ivresse des sens, la corrélation entre esthétique et sémantique. Sonder le rapport établi entre la dimension sociologique de l'œuvre et le registre filmique choisi par son auteur·ice.

Fascinée par la place du corps dans l’espace, je me suis instinctivement orientée vers la danse et l’art dramatique. Le montage s'est rapidement greffé à ma démarche, m'apprenant à interpeller les sens à travers un jeu narratif et rythmique. Pour transmettre mes intentions de mise en scène plus globalement, j’ai amorcé mes premières réalisations en 2013, de façon autodidacte. C’est en les présentant à des battles de courts-métrages et autres festivals alternatifs que j'ai conscientisé l’écho de mon discours. Le déclic qu'attendait mon désir de cinéma. Ainsi ai-je franchi le pas (tardivement mais sûrement) en intégrant LA FÉMIS à l'âge de 28 ans (LA RÉSIDENCE, promo 2016-17). Cette expérience m'a permis de prétendre à une légitimité qui me semblait jusque-là hors d'atteinte. Alors resserré sur 11 mois de formation (principalement dédiée à l'écriture et à la mise en scène en vue de la réalisation d'un court-métrage produit), ce cursus intensif donna naissance au développement d’un cinéma engagé : le mien. De là est né Prends mon Poing, en 2017.

Sarah Al-Atassi par ©Albin Guyot

Vive le cinéma borderline, sensoriel, et incarné à l'excès.

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